By Anne-Sophie Svetchine

Le changement climatique, global et universel, est loin d’unir les êtres humains face à une menace commune. À l’échelle nationale ou internationale, les populations défavorisées, tout en étant les moins responsables du réchauffement climatique, sont en première ligne pour en subir les conséquences.

Le Groupe d’experts intergouvernemental (Giec) sur l’évolution du climat vient de publier son dernier rapport basé sur l’étude de la différence entre un réchauffement planétaire de 1,5°C et un réchauffement de 2°C. Selon le coprésident de cette session du Giec, Hans-Otto Pörtner, « Chaque petit excès de réchauffement supplémentaire compte, d’autant que passer 1,5°C accroît le risque de changements profonds voire irréversibles, comme la perte de certains écosystèmes ». Le Giec appelle une nouvelle fois les pays à s’unifier et à prendre des mesures sans précédent. Dans ce contexte pourtant inquiétant, la majorité des pays signataires de l’accord de Paris ne respectent pas leurs engagements. À l’heure où les enjeux écologiques nous rappellent la fragilité de notre humanité, l’interdépendance entre les hommes est évidente. La planète fonctionne en circuit ouvert, la pollution d’un pays entraine des conséquences pour l’ensemble.

Le réchauffement climatique est particulièrement dévastateur pour les populations défavorisées. Les populations des pays du Sud, davantage dépendantes de la terre et de l’agriculture, le sont également du climat. Aggravés par le réchauffement planétaire, les phénomènes extrêmes tels que les sécheresses ou les inondations risquent d’entrainer des situations désastreuses: famines, épidémies, conflits, déscolarisation des enfants. Privées des ressources pour assurer leurs besoins de base, leur santé ou leur sécurité, des communautés entières devront se déplacer. Selon Kristalina Gueorgieva, directrice de la Banque mondiale depuis 2017, « le réchauffement climatique peut ajouter 100 millions de pauvres ». En outre, la hausse du niveau des océans va menacer d’immersion des îles et certaines villes côtières obligeant les populations à fuir; selon le rapport du Giec de 2014, 884 millions de personnes sont menacées. Dans un contexte de raréfaction des ressources, ces exodes massifs pourraient devenir sources de conflits ou de guerres.

L’injustice est criante car, selon le rapport d’Oxfam de 2015, « la moitié la plus pauvre de la population mondiale est responsable de seulement 10% des émissions de CO2 mondiales » et « parallèlement, environ 50% des émissions mondiales sont imputables aux 10% des habitants de la planète les plus riches ». Les pays riches imposent impunément les conséquences de leurs comportements environnementaux aux plus pauvres. Le Canada est honteusement en retard sur ces enjeux. Selon les données du World Resources Institute, les Canadiens sont les terriens qui polluent le plus l’atmosphère avec 24,4 tonnes de CO2 générés par habitant.

Ces injustices environnementales ne se limitent pas à leur dimension internationale. Elles se manifestent à l’intérieur même des pays. D’ailleurs, le concept de justice environnementale est né aux États-Unis, au début des années 1980, après qu’il a été constaté que les usines polluantes ou dangereuses étaient principalement construites à côté de quartiers pauvres ou de minorités ethniques. Victimes de la pollution de ces usines, les communautés défavorisées subissaient en première ligne les risques liés à leur toxicité. Les troubles de santé liés à l’environnement dans les pays du Nord restent généralement sous-évalués. Selon l’OMS, 12,6 millions de personnes sont décédées d’une pathologie en lien avec l’insalubrité de l’environnement en 2012 et la pollution de l’air tue, à elle seule, 7 millions de personnes par an dans le monde. Là encore, les populations défavorisées sont les premières victimes. Si les effets de la pollution de l’air et le smog affectent tous les habitants d’une ville, ce sont les ménages les plus pauvres qui doivent généralement habiter près des grandes voies de circulation et des aéroports. Dans son livre Les inégalités environnementales, paru en 2017, Catherine Larrère insiste sur l’injustice de cette situation et ajoute que « si les zones les plus polluées ou les plus exposées aux risques sont habitées par les populations les plus défavorisées, ce n’est pas seulement parce que le logement y est moins cher, c’est aussi parce que c’est dans les quartiers habités par des populations défavorisées que l’on implante des activités polluantes ou à risque ».

La pression citoyenne pour un changement global et politique est plus que jamais nécessaire. Des mouvements de revendication se multiplient. En France, depuis le rapport du Giec, plus d’une centaine de mobilisations ont vu le jour sous le mot d’ordre #IlEstEncoreTemps. Au Québec, les élections provinciales ont été une occasion de se mobiliser. Depuis le 15 septembre, des marches pour le climat ont eu lieu aux quatre coins de la province. La dernière en date s’est tenue en novembre, organisée par le collectif citoyen « La Planète s’invite au parlement » et soutenue par Attac Québec, cette association lance un appel: « Faisons de l’enjeu climatique la priorité qu’il doit être, justice sociale et justice climatique sont liées ! »

One Reply to “L’injustice environnementale”

  1. Thérapie par ondes de choc extracorporelles : nous avons constaté que la thérapie par ondes de choc extracorporelles (où des ondes de choc sont transmises à travers la peau à la prostate) réduit sensiblement les symptômes par rapport à une procédure simulée. Il est possible que ces résultats ne soient pas durables après un traitement continu. https://frmedbook.com/allaitement-maternel-avantages-defis-et-le-big-latch-on/ La survenue et / ou la sévérité des séquelles érectiles peuvent être traitées, et même prévenues efficacement, par différentes mesures: information du patient et mise en place de mesures spécifiques (techniques de préservation des nerfs érecteurs, traitements médicamenteux précoces …).

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