By Daniel Birru

Après les Ontariens en juin dernier et les néo-brunswickois en septembre, ce fut au tour des Québécois d’élire un nouveau premier ministre le 1er octobre dernier. Au cours des cinq semaines de campagne, François Legault, Jean-François Lisée, Manon Massé et Philippe Couillard ont débattus des valeurs et des promesses de leurs partis respectifs. François Legault, chef de la Coalition Avenir Québec (CAQ) a ultimement défait le premier ministre sortant de la province, Philippe Couillard, du Parti Libéral (PLQ). Avec un total de 74 sièges, il forme  un gouvernement majoritaire à l’Assemblée Nationale du Québec.

Cette victoire de la CAQ a amené plusieurs discussions chez les analystes de l’élection. C’est en effet la première fois depuis 1970 qu’un parti autre que le Parti libéral ou le Parti québécois accède au pouvoir. Ces deux partis ont subi leurs plus sévères défaites depuis leurs créations aux mains de la CAQ, un parti créé il y a sept ans sur les cendres de l’Action démocratique du Québec (ADQ).

C’est la première fois depuis 1970 qu’un parti autre que le Parti libéral ou le Parti québécois accède au pouvoir.
Manifestation contre la brutalité policière dans le Vieux-Hull, 15 mars 2013. Credit- Ben Powless

Souveraineté

Avec l’élection de la CAQ, un parti qui mise sur le « nationalisme québécois », la remise en question la plus importante a été celle de la souveraineté du Québec. Étant la raison d’être du Parti Québécois (PQ), qui est tombé au quatrième rang au résultat, la plupart des experts en viennent à tirer comme conclusion que cette idée est morte au cœur des québécois. N’ayant pas été au pouvoir de la province depuis maintenant quinze ans, mis à part une courte présence de 17 mois entre 2012 et 2014, cette notion, qui avait été au cœur de la politique québécoise pendant les années 1980 et 1990, semble effectivement prendre de moins en moins d’ampleur au sein du peuple québécois.

Avec François Legault au pouvoir, il n’y a aucun plan de souveraineté du Québec en vue. Par contre, la CAQ souhaite renforcer l’autonomie du Québec au sein de la fédération canadienne, grâce à l’obtention de plus de pouvoirs et fonds fédéraux, et veut une reconnaissance du Québec dans la constitution du Canada.

Immigration

Au cours de la campagne électorale, la promesse de François Legault qui a fait le plus réagir le public et qui a été grandement critiquée par ses adversaires a été celle au sujet de l’immigration et de la question nationale. À ce sujet, le chef de la CAQ a exprimé le souhait de vouloir faire passer un test de français à tous les immigrants après trois ans au Québec. En cas de deux échecs à ce test, la province du Québec n’accordera pas à un résident le Certificat de sélection permettant de devenir citoyen canadien. Cette affirmation a été disputée par les trois autres parties, notamment parce que c’est le gouvernement du Canada qui émet ce certificat avant l’entrée d’un immigrant, et non le Québec.

Éducation

L’autre grand thème sur lequel les chefs du PLQ, du PQ et de Québec Solidaire (QS) ont le plus questionné  Legault a été celui sur l’éducation. François Legault a fait de la prématernelle quatre ans pour tous les enfants son cheval de bataille, son projet de société. De plus, sa promesse d’abolir les élections et les commissions scolaires pour les remplacer par de simple centres de services aux écoles pour la petite enfance a été très souvent au cœur des débats.

Extérieur de la province

Il faut savoir que plus tôt cette année, l’Ontario et le Québec étaient tous les deux dirigés par un gouvernement libéral, ce qui était à l’avantage du premier ministre du Canada, Justin Trudeau. Il est crédible de penser que les deux nouveaux premiers ministres vont s’allier pour contrer les décisions et les plans du gouvernement fédéral. Cependant, il faut également garder en têtes que plusieurs sujets séparent Ford et Legault, notamment ceux sur l’environnement (Legault, bien qu’il ait très peu parler d’environnement, soutient le marché du carbone, dont l’Ontario de Ford s’est retiré), et le rôle du gouvernement dans la création d’un projet de société. Il faudra être vigilant sur les relations à venir entre Toronto et Québec, plus particulièrement avec la tenue, dans 12 mois, d’une élection à Ottawa.

Quoi qu’il en soit, il sera fort intéressant de voir les répercussions qu’auront les politiques du gouvernement caquiste mené par François Legault, tant au niveau des affaires internes au Québec qu’au niveau de ses relations externes.

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